
Chambrey – 19 août
Quand les cavaliers de BRAHAUT s'avancent sur la route de Nancy en ce matin du 19 août ils ne savent pas encore que cette journée entrera au panthéon des victoires militaires françaises.
C'est à hauteur du petit village de Champenoux que le premier contact fût pris avec les troupes Prussiennes. Ces derniers, avertis la veille de l'arrivée de troupes françaises sur leur ligne de communication ont décidé de la rétablir promptement.
A 08h45 la tête de colonne du général von PRITZELWITZ est repérée par les reconnaissances du Vicomte de BERNIS. Failly est prévenu. Il sait désormais qu'il va falloir se battre. Ses troupes font partie des régiments les plus confiants et les plus motivés de l'armée. Ils ont déjà vaincu les Wurtembourgeois à Obersteinbach, échappés à la III Armée qui s'était jurée de les capturer ; ils croient au génie de leur chef.
Le « Renard des Vosges » comme le surnomme déjà la presse française, ne va pas décevoir ses hommes. Conscient de la puissance de l'artillerie allemande mais de la supériorité du fusil chassepot, il déploit aussitôt ses hommes dans les contrepentes des collines situées en face du village de Chambrey, dispose les régiments de chasseurs dans les bois, positionne ses canons en soutien de son infanterie et place la division GD GUYOT de LESPART sur son flanc gauche, masquée par les bois, afin de surprendre les troupes allemandes sur leur front et si les circonstances le permettent de les déborder.
A 11h00, le général aperçoit sur les crètes derrière le village de Moncel sur Seille de maigres régiments français déployés. Prudent, il décide d'éclairer la position et envoie une avant garde composée des Dragons du 10ème Régiment. Ces derniers s'avancent et font fuir les fantassins français qui se replient à toute jambe. Les cavaliers poursuivent dépassent la crête et tombe, sur l'autre versant, de trois divisions d'infanterie déployées.
La fusillade est vive et foudroie en moins de 10 minutes les dragons allemands mais le piège français est éventé et le général von PRITZELWITZ stoppe sa colonne. Failly se persuade qu'il ne peut laisser de répis aux troupes allemandes et ordonne aux 13ème et 14ème divisions de s'avancer. Les généraux GOZE et de l’ABADIE d’AYDEN harangue leurs hommes et atteignent la crête.
En contre bas ils aperçoivent les troupes allemandes qui se déploient et s'appuient sur le village de Moncel sur Seille .
Les divisions françaises font feu mais, trop brusqué, il ne donne pas les résultats escomptés. Les deux divisionnaires, qui veulent absolument éviter le déploiement ennemi, décident de charger à la bayonnette. Les fantassins français s'élancent et dévalent les centaines de mètres qui les séparent de leurs adversaires. Les 11ème et 46ème de Ligne avancent à l'extrême droite, Les 61ème et 86ème à leur gauche. Les 49ème et 88ème de Ligne pénètrent quant à eux dans Moncel sur Seille .
Malheureusement l'infanterie française fait face aux régiments de grnadiers 4 et 5 qui se forment rapidement et entrainent dans un feu roulant toute a ligne Allemande. L'attaque française est brisée, en moins de 2 minutes 900 hommes ont été tué.
La situation est critique. Les cavaliers français sont aux prises avec 2000 hussards Prussiens à Moyenvic qui risquent de leur couper leur voie de retraite et la tête d'une colonne de renfort (troupes hessoises) est aperçue à l'ouest de château salins. Il n'y a que Failly pour croire encore à la victoire !
Comble de malheur l'échec de l'assaut français a permis à l'artillerie Allemande de se déployer. En une demie heure la réserve d'artillerie française est anéantie. Il est 15h00.
Le « renard des Vosges » rassemble ses troupes et fait avancer sa réserve qui, débouchant sur le flanc de von PRITZELWITZ le force à stopper sa progression.
Les tireurs français sont là d'une rare efficacité et les hommes de la seconde division allemande ne peuvent rivaliser. L'artillerie ne sait comment faire face et, ce faisant, permettent aux 13ème et 14ème divisions du V corps de se réorganiser et de se repositionner. Ils s'interposent entre les désormais deux divisions allemandes et se battent comme des lions pour ralentir leur jonction.
Même si les français du Général DUMONT continuent de percer le flanc de von PRITZELWITZ, les français commencent à imaginer à retraiter quand une estafette annonce l'arrivée des 20 000 hommes du VII Corps. L'espoir change alors de camp.
Les 2 corps français se déploient et les troupes fraîches remplacent celles qui combattent depuis plusieurs heures. Les troupes Hessoises se voient bientôt menacées dans leur dos et, incapables de se joindre aux troupes de von PRITZELWITZ n'ont d'autres choix que de fuir à travers champ.
L'avancée française est alors irrésistible.